Quels sont les meilleurs matériaux pour fabriquer un masque maison et comment les entretenir de façon sécuritaire?

Chaque semaine, j’ai le bonheur de collaborer au magazine Moteur de recherche, animé par Matthieu Dugal, y livrant un duo conso, avec Stéphane Garneau. On y creuse toutes sortes de questions, mais le temps en ondes étant limité, une toute petite partie de ma recherche se rend jusqu’à vous. Comme cette semaine j’ai fouillé la question des masques artisanaux, dans le cadre de la présente pandémie de COVID-19, j’ai décidé de partager ici une partie de mon dossier de recherche, que vous pourrez consulter en complément de la chronique, à écouter ici. (p.s. un dossier de recherche, c’est fait de plusieurs pages, y’en a pour 4000 mots, sans images! J’essaierai de trouver le temps d’enjoliver le tout, mais au moins, vous avez accès à l’info dès maintenant)

Alors, plongeons! Comment faire un choix éclairé, en matière de tissu et de modèle, pour un bon masque artisanal? Est-ce plus sécuritaire de porter un masque maison que de ne rien porter du tout? Peut-on utiliser le micro-ondes pour désinfecter nos masques?

Pourquoi porter un masque?
On porte un masque d’abord et avant tout pour protéger les autres, alors qu’on sait que de nombreux cas de personnes asymptomatiques, mais porteuses du virus, ont été recensés (voici un exemple de publication scientifique au sujet de la transmission par des personnes asymptomatiques; de nombreuses autres publications existent).

On le porte également pour réduire le risque d’attraper soi-même le coronavirus… Comme on peut l’observer dans le milieu de la santé, quand la charge virale est élevée, même avec les bons équipements, les protocoles et la formation, plusieurs s’infectent; il ne faut donc pas aspirer à une protection parfaite avec notre masque maison, bien moins performant que les N95 utilisés dans le milieu de la santé. Mais, dans des environnements où la distanciation physique est plus difficile, mais qui ne sont pas des environnements avec des charges virales aussi élevées que dans un CHSLD sous éclosion, ils peuvent nous donner un bon coup de pouce.

L’information sur le coronavirus change de jour en jour. Même chose pour l’information sur les masques : on est passé de « n’en portez pas » à « portez-en-autant-que-faire-se peut ». Même les informations sur les modèles de masques et couvre-visages changent fréquemment. Ce qu’on avance aujourd’hui pourrait donc changer encore très bientôt! Mais globalement, en complément du lavage de main et de la distanciation physique, porter un masque artisanal, de la bonne façon et en l’entretenant correctement, est de loin préférable à ne pas en porter.

Quel tutoriel choisir pour fabriquer son masque?

Masque sans couture
Masque sans couture avec élastiques

Le gouvernement du Québec a publié une capsule vidéo pour se faire rapidement un couvre-visage simple, avec un morceau de coton et deux élastiques, sans couture. Le modèle en résultant peut dépanner, mais je doute qu’on puisse le porter très longtemps : comme on peut le voir dans la vidéo, les élastiques étirent les oreilles sur un moyen temps (j’avais mal pour la comédienne en le visionnant!) et le tissu plié et replié fait qu’on respire à travers 4 épaisseurs de tissu, ce qui peut être très difficile, particulièrement quand il fait chaud et quand on est en mouvement.

Comme la crise risque de durer encore un bon bout de temps, ça vaut la peine de pousser un peu plus loin, soit en se fabriquant des couvre-visage plus confortables, soit en en achetant auprès des très nombreux artisans québécois et canadiens qui en ont mis sur le marché. Vous remarquerez que j’utilise le pluriel : pour la plupart des personnes sortant à l’extérieur de leur domicile, un seul masque ne suffira pas, si on applique les bonnes pratiques en matière de manipulation et d’entretien, il faudra en prévoir 2 ou 3.

Qu’on le fabrique soi-même ou qu’on l’achète, il faut tenir compte de plusieurs critères qui ont une incidence sur l’efficacité de notre masque, dont le choix du matériau, le nombre d’épaisseurs, la respirabilité et l’adaptation à la morphologie de la personne, ainsi que de nos comportements pendant le port, les mesures de manipulation et l’entretien.


***ÉLÉMENTS DE DESIGN***

Choix du matériau, épaisseurs, respirabilité
Le choix du matériau est extrêmement difficile à arrêter. Dans cet article publié par Chemical and Engineering News, on nomme entre autres combien les variations dans la fabrication des tissus, dans le design des masques et dans les comportements pendant le port du masque rendent ce choix difficile.

Par ailleurs, les essais faits avec le coronavirus sont encore tout récents et les résultats préliminaires (vous pouvez lire ici les premiers résultats de l’Université de Chicago dans l’article Aerosol Filtration Efficiency of Common Fabrics Used in Respiratory Cloth Masks) et souvent non validés par des pairs.

Néanmoins, d’autres recherches ont été faites avant, sur d’autres types de particules. Entre autres, la crise du SRAS de 2003 avait inspiré quelques recherches sur l’efficacité des masques artisanaux. L’Université de Cambridge arrivait à quelques conclusions intéressantes qui peuvent nous guider (conclusions bien illustrées ici si vous lisez l’anglais). En gros :

  • ils ont testé l’efficacité de masques maison fait de filtres d’aspirateur, linges à vaisselle, de t-shirt, de taies d’oreillers antimicrobiennes et de foulards, au moment d’attraper des particules de 0.02 micron et plus (rappelons que le coronavirus est plus gros, avec une taille moyenne de 0,1 microns [oscillant entre 0,06 et 0,14 microns]), donc ces taux d’efficacité sont probablement inférieurs à ce qu’on obtiendrait avec le coronavirus) :
    • le masque chirurgical, qui sert de référence, avait un taux d’efficacité de 89 %
    • le filtre d’aspirateur 86 %
    • le linge à vaisselle 73 %
    • le coton mélangé d’un t-shirt 70 % vs le 100 % coton d’un t-shirt 51 %
    • la taie d’oreiller antimicrobienne 68 % vs la taie régulière 57 %
    • le lin 62 %
    • la soie 54 %
    • le foulard 49 %
  • ils ont vérifié si mettre 2 épaisseurs d’un même tissu permettait d’augmenter l’efficacité, mais attention, ici, ils ont testé avec des bactéries, particules d’une taille de 1 micron, donc 10 fois plus grosses que le coronavirus en moyenne, ce qui veut dire que les résultats à prévoir, avec le coronavirus, ne seraient probablement pas aussi bon. Bref, ils ont conclu que de doubler l’épaisseur du tissu améliorait la performance dans certains cas, mais pas toujours de manière significative :
    • 2 épaisseurs de linge à vaisselle 97 % comparativement à 83 % pour 1 épaisseur, donc + 14%
    • 2 épaisseurs de t-shirt 100 % coton 71 % comparativement à 69 % pour 1 épaisseur, donc + 2%
    • 2 épaisseurs de taie d’oreiller régulière 62 % comparativement à 61 % pour 1 épaisseur), donc +1%
  • ils ont constaté que prendre le tissu ou matériau le moins poreux, et le doubler, n’est pas nécessairement une bonne idée : c’est pas facile de respirer à travers deux épaisseurs de linge à vaisselle! Il faut donc choisir un tissu tissé serré, en bon état (c’est pas le temps d’utiliser des draps usés à la corde!) mais à travers lequel on arrive à bien respirer, aussi longtemps que nécessaire. Sinon, on passe sa vie à toucher son masque, à tirer dessus pour faire passer l’air, ce qui augmente de beaucoup les risques de contamination et rend le port du masque plus dangereux qu’autre chose. Selon la recherche de l’Université de Cambridge de 2003, ce sont le t-shirt 100 % coton et la taie d’oreiller qui ont une respirabilité semblables (+2% et -5% de différence) au masque chirurgical qui servait d’étalon de mesure.

J’ajouterai qu’il faut aussi tenir compte de la température ambiante dans son choix de tissu: oui, la flanelle peut fonctionner, mais imaginez-vous respirant en plein mois de juin à travers deux épaisseurs de pyjama : allô la sueur perlant sous le masque!

Il faut aussi choisir un tissu qu’on pourra laver à l’eau chaude, sans qu’il ne rapetisse et rende le masque moins adapté à notre visage. D’ailleurs, laver son tissu avant de fabriquer son masque est une bien bonne idée 😊

Mon expérience non scientifique : respirer dans un masque, c’est du sport!
J’ai porté trois types de masques : le chirurgical et deux faits par des artisans québécois, Polaire + et Rien ne se perd, tout se crée.

Je suis très habituée au masque chirurgical, car je suis asthmatique et j’ai fait beaucoup de bronchites et d’allergies depuis que je suis toute petite. En période de smog ou de party de pollen, je m’épargne les poumons en le portant. Et j’ai déjà fait la tournée des Fêtes armée de mon masque, pour protéger mes proches et éviter de leur transmettre ma bronchite. Mais même habituée à en porter un, c’est toujours difficile au début de ne pas y toucher.

Quant au masque double épaisseur 100 % polyester de Polaire +, j’ai failli mourir étouffée les premières fois que je l’ai porté, en plus de ne plus rien voir à cause de la buée dans mes lunettes! C’est très anxiogène, manquer d’air… Mais j’ai persévéré et j’ai réussi à mieux l’installer sur mon visage (bye bye buée et bye bye sentiment d’étouffer). Parmi les avantages, ce masque se « tient » vraiment bien, même sans pince pour le nez, à cause du choix de matériau. Il est aussi peu coûteux, à 11,99 $. Je recommande de se pratiquer chez soi à le porter pour trouver comment le placer pour qu’il ne vienne pas s’écraser sur notre bouche et nos narines, tout en étant étanche, sinon, c’est clair qu’on va beaucoup le toucher avec nos mains ou qu’on va respirer « par les côtés », ce qui nuit alors à la filtration des particules!

Avec le masque double épaisseur en coton de Rien ne se perd, tout se crée, avec pince permettant l’ajustement au nez, j’arrivais à bien respirer dès le début, ce qui fait que je le touchais moins. Par contre, le coton est tissé de manière beaucoup moins serrée que le polyester de l’autre masque… mais il comporte pour sa part une ouverture pour y glisser un filtre : je compte donc m’en ajouter un. Mais même sans filtre, sachant que pour des particules 5 fois plus petites que le coronavirus, le coton a un taux d’efficacité de 51 % à une couche, je me dis que c’est un compromis bien acceptable dans le cadre de mes rares sorties (marches, ramassages de commandes en bordure de magasin, visite à distance de mon papa).

Ajouter un filtre?
Beaucoup de modèles de masques comportent un trou non cousu entre les deux épaisseurs de tissu pour insérer un filtre, jetable la plupart du temps.

Le CDC (Center for Diseases Control and Prevention, organisme américain réputé) avait recommandé dans son guide de fabrication d’un couvre-visage à partir d’un bandana, l’utilisation du filtre à café, ce qui a été rapporté dans plusieurs médias, dont ici dans Wired… mais le guide du CDC en date d’hier n’en fait plus du tout mention! Quant au gouvernement du Canada, au moment de publier ce texte, il propose le filtre à café dans la version anglaise de son site sur les masques artisanaux, mais pas dans la version française! Bref, recommandé ou non par le CDC ou l’Agence de santé publique du Canada, si ça vous donne une plus grande confiance sans nuire à la respirabilité de votre masque d’ajouter un filtre à café au centre, et que vous êtes en mesure d’en utiliser un nouveau à chaque sortie (ça ne se lave pas, donc ça doit être jeté entre chaque utilisation), faites-le!  Mais si vous trouvez ça difficile de respirer à travers, ça ne vaut pas le coup, vous risquez de vous toucher plus et d’augmenter votre risque de contamination.

De plus en plus d’articles sont publiés (par exemple ici dans le New York Times) sur l’utilisation des filtres HEPA d’aspirateurs, de fournaises ou d’air climatisé dans les masques artisanaux. Il y a présentement des recherches scientifiques en cours de publication : bien qu’ils semblent efficaces contre les particules, les données sont inexistantes pour un usage humain plutôt qu’une utilisation dans une machine. Les fabricants eux-mêmes s’inquiètent de ce détournement. Par exemple, ShopVac affiche sur son site web en entête l’avertissement suivant :

Capture d'écran 2020-05-07 19.30.12

Par principe de précaution, je recommande fortement d’attendre avant de respirer à travers quelque chose qui semble si peu adapté à un contact direct avec la peau du visage et dont des particules pourraient se retrouver dans nos poumons, jusqu’à ce que des données sérieuses soient publiées et confirment que cet usage est sécuritaire.

Business Insider a rapporté les essais faits par trois femmes à la recherche d’un matériau filtrant à mettre dans les masques de tissu, tout en maintenant une bonne respirabilité : dans le laboratoire de leur entreprise, elles obtenaient des résultats impressionnants en mettant deux épaisseurs de serviettes bleues d’atelier au centre de leur masque : de 2 à 3 fois plus efficace que le coton! La marque de serviette bleues avait une influence, les Scott avaient des résultats légèrement moins bons que les marques Zep et Toolbox Shop, mais ça valait le coup quand même. Elles ont rendu public leur design, avec instructions : c’est par ici si vous voulez en fabriquer! C’est pas mal mon coup de cœur du moment…

Certaines personnes utilisent leur couvre-visage de tissu pour envelopper leur masque chirurgical, qui ne peut pas être lavé, dans l’idée de le faire durer plus longtemps : c’est une fausse bonne idée, les particules du coronavirus pouvant être passées à travers la première couche de tissu et avoir atteint le masque chirurgical, qui sera alors contaminé autant que le tissu du couvre-visage. En retirant le masque chirurgical du masque de coton, vous ne le débarrassez pas de ces particules de coronavirus et vous vous mettez à risque pendant la manipulation. Le seul scénario dans lequel ça vaut le coup, c’est si vous avez assez de couvre-visage avec chacun leur masque chirurgical pour pouvoir les mettre de côté pendant une semaine après usage. En effet, The Lancet a publié le 2 avril dernier les résultats de tests sur la stabilité du coronavirus dans divers environnements : sur un tissu, on ne retrouvait plus de traces du virus au jour 2, alors que sur la surface extérieure d’un masque chirurgical dans les mêmes conditions, on en retrouvait encore après 7 jours!

Modèle adapté à votre morphologie
L’un des éléments qui influence grandement l’efficacité d’un masque maison, c’est son étanchéité. Pour être efficace, le masque devrait embrasser la forme de votre visage, et quand vous bougez, il devrait rester « collé » à votre faciès. C’est ce qu’on voit dans les tests des N95 : ils sont vraiment étanches dans tous les endroits où ils adhèrent à la peau.

C’est ici que la plupart des masques maison perdent beaucoup en efficacité et c’est aussi pourquoi un seul patron ne pourra pas répondre à tous les besoins (à lire si ça vous intéresse : Which DIY mask pattern should you use? Even experts can’t pick one to recommend). Il faut viser la plus grande étanchéité possible (sans perdre en respirabilité), avec un serre-nez (un bon vieux cure-pipe installé entre les deux couches de tissu peut facilement faire la job), et une couverture la plus complète et étanche possible des contours de votre visage, de l’arche du nez jusque sous le menton, à l’arrêt autant qu’en mouvement. C’est pas facile : souvent ça bave sur les côtés… mais si la respirabilité est bonne et que vous tirez votre air à travers le tissu, ça vous protège au moins partiellement. Évitez tout ce qui vous fait respirer par les côtés…

Et pour ceux qui portent la barbe de confinement, c’est peut-être le temps de renouer avec le rasoir : votre pilosité risque de nuire à l’étanchéité.

Choix du type d’attaches
Porter un masque longtemps, c’est ben gossant et les modèles avec les élastiques qu’on passe derrière les oreilles, ça peut finir par être vraiment douloureux. Et il faut avoir des oreilles d’une bonne taille 😊.

On voudra donc peut-être utiliser des attaches avec cordon (lacets, bandes de tissu) qui font le tour de la tête pour préserver ses oreilles. C’est une bonne idée, tant que ça ne change pas l’étanchéité.

Certains artisans, comme Rien ne se perd tout se crée (de Saint-Sévère), fabriquent des bandeaux avec des boutons de chaque côté, auxquels on accroche les élastiques de son masque chirurgical ou fait-main, de sorte à épargner ses oreilles. C’est une excellente idée pour ceux et celles que le port d’un bandeau n’incommode pas (ça peut donner des maux de tête à certain.e.s).

***COMPORTEMENTS PENDANT LE PORT DU MASQUE***

Respirer avec un masque est plus exigeant que de respirer sans, on a souvent envie de prendre des pauses… c’est humain. Mais le masque est potentiellement contaminé sur ses surfaces extérieures… Alors tous les comportements de « pauses » sont à proscrire! Non ce n’est pas une bonne idée de le descendre sur le menton ou dans le cou, de le laisser pendouiller, accroché à une seule oreille, de le mettre juste sous le nez! Portez-le ou n’en portez pas : n’allez pas entre les deux, les risques de vous contaminer sont plus grands!

***MANIPULATION***

Comment on le met et l’enlève
Les risques de contamination sont très grands chaque fois qu’on touche le masque. Le moment où on le met et celui où on l’enlève sont donc cruciaux. C’est pour ça d’ailleurs que vous verrez certains conducteurs avec leur masque : ce n’est pas qu’ils se méfient de l’air dans leur véhicule, mais plutôt qu’ils ont choisi de mettre le masque avant leur départ de la maison pour l’installer dans les conditions les plus contrôlées possible ou encore qu’ils attendent d’être revenus à la maison pour l’enlever de façon sécuritaire.

Le gouvernement du Québec a produit un vidéo dans lequel le Dr. Alain Vadeboncoeur résume comment porter un masque et bien le manipuler. En gros, il faut :

  • se laver les mains avant de le mettre,
  • le manipuler par les élastiques sans toucher ses surfaces intérieures et extérieures,
  • éviter de le toucher pendant qu’on le porte et si on doit le faire, se laver les mains immédiatement après,
  • l’enlever par les élastiques, replier le masque de sorte que la surface exposée au virus soit refermée sur elle-même, le mettre dans un sac jusqu’au lavage ou carrément directement dans la laveuse.

Je recommande fortement d’avoir des sacs à sa disposition en tout temps : on peut y aller pour les Ziploc, mais si on veut éviter à la planète de mourir étouffée sous le plastique, des sacs en tissu qu’on peut laver en même temps que le masque, c’est bien pratique.

***ENTRETIEN***

Le gouvernement du Canada recommande de laver son masque de tissu entre chaque utilisation, à l’eau chaude avec du détergent. Pas besoin de le laver seul : c’est tout à fait sécuritaire de faire votre brassée en même temps.

Pour ce qui est du séchage, il peut varier selon les composantes du masque : sécher des élastiques dans le sèche-linge pourrait réduire leur durée de vie, alors le sécher suspendu pourrait être préférable. L’important est qu’il soit entièrement séché avant de le porter de nouveau.

Eau bouillante, micro-ondes, sèche-cheveux, fer à repasser, UV, Clorox ?
Il y a beaucoup d’information qui circule sur d’autres manières de nettoyer des masques pour les réutiliser. Mais le lavage à l’eau chaude dans la laveuse avec du détergent reste la solution à privilégier. Les autres méthodes peuvent poser des risques pour la santé et la sécurité, soit en affectant la structure du masque et en réduisant ainsi sa capacité de filtration, soit en causant des blessures, incendies et de faux sentiments de sécurité. Ça s’applique aux masques, et également aux filtres que vous y ajoutez : si celui que vous mettez au centre de votre masque lavable est un filtre qui ne se lave pas, jetez-le et remplacez-le, ou faites-lui subir une longue quarantaine avant de le réutiliser.

Le micro-ondes est un bon exemple de fausse bonne idée pour désinfecter des masques. Pas parce que le coronavirus ne sera pas détruit, mais bien parce que vous risquez en prime de détruire votre masque, votre micro-ondes et peut-être même votre maison! Bien qu’il n’y ait encore aucune recherche confirmant que le coronavirus passé au micro-ondes sera détruit, il y a de bonnes probabilités que ce sera le cas, la recherche portant sur d’autres virus ayant confirmé l’efficacité de cette méthode pour les détruire… sauf qu’en même temps, cette cuisson attaque dans certains cas la capacité filtrante du matériau et peut même causer des incendies (ou à tout le moins des pétarades quand le pince-nez par exemple est de métal). L’équipe de Smart Air Filters en parle ici. Le micro-ondes va probablement tuer le coronavirus dans notre bouffe si ce dernier s’y est déposé : c’est déjà beaucoup 😊!  Le fer à repasser et le sèche-cheveux devraient eux aussi être réservés à leurs usages habituels, pas à la lutte contre le coronavirus dans nos masques.

On entend également beaucoup parler de la désinfection avec une lumière UV : c’est effectivement une solution intéressante, mais dans un environnement contrôlé comme un laboratoire ou un établissement de santé, où on a de bons équipements qui ont la bonne longueur d’ondes et qui sont manipulés de façon sécuritaire par des gens qui s’y connaissent. On peut se blesser (irritations cutanées, blessures aux yeux) et on peut se retrouver avec des masques qui n’ont pas réellement été bien désinfectés ou dont la capacité filtrante sera affectée, à cause de notre appareil, de la longueur d’ondes ou de notre façon de l’utiliser.

Attention aussi à cette idée tentante de nettoyer son masque avec une lingette désinfectante du genre Clorox ou Lysol : vous pourriez vous faire de graves brûlures cutanées en reportant le masque ensuite, et rien ne prouve que vous aurez réussi à détruire le virus dans toutes les coutures ou entre les couches. Les empoisonnements sont à la hausse depuis le début de la pandémie, n’en rajoutons pas!

Bref, à la maison, utilisons notre laveuse, elle est fiable et conçue pour ça.

***ET LES ENFANTS DANS TOUT ÇA?***

Le port du masque pour les moins de 2 ans n’est pas recommandé… mais même quand ils sont plus grands que ça, c’est tout un défi au début de leur faire porter un masque de manière sécuritaire, sans qu’ils n’y touchent.

Dans bien des cas, bien apprendre à son enfant à se laver les mains sera probablement plus efficace pour le protéger… mais pour l’empêcher de vous transmettre le virus, ou de le transmettre à un proche plus âgé, une fois qu’il aura recommencé à fréquenter la garderie ou l’école, vous pourriez essayer de lui apprendre à porter de manière efficace et sécuritaire un masque. Il s’en vend sur le marché qui sont adaptés à la morphologie des petits visages.

Prenez le temps de le choisir avec votre enfant : c’est fou comme un motif de licorne, ça peut motiver! Ensuite, ça peut être une bonne idée de faire des séances de jeux à la maison avec le masque, avant de tester le port dans un lieu extérieur à plus haut risque. Ma petite voisine de 4 ans a vraiment bien intégré le concept de distanciation physique : elle faisait de la surveillance dans la ruelle en criant à sa soeur « Éloigne-toi de la madame! », la madame étant moi-même! Les enfants sont d’une grande adaptabilité et leurs cerveaux en explosion peuvent intégrer ces nouveaux comportements si on les stimule. Bien sûr, ce ne sera pas parfait, mais ce sera mieux que rien!

***OÙ TROUVER DES MASQUES***

2020-05-07 21.15.26J’ai beaucoup fouillé la question pour m’en acheter et en commander à mes proches. J’ai acheté des masques de deux entreprises québécoises (Polaire + et Rien ne se perd, tout se crée). J’ai fourni des matériaux à une amie pour qu’elle m’en fabrique un 3e type, à partir du patron français ici. Mon papa-bricoleur commence aussi sa production, à partir du patron de SUAY avec les serviettes d’atelier bleu.

Pour le moment, celui que je trouve le plus facile à porter (ce qui ne veut pas dire qu’il est le plus efficace) est celui, réversible (après lavage hein!), de Rien ne se perd tout se crée de Saint-Sévère (19 $ avant taxes); son côté esthétique influence probablement ma perception! J’ai plus de difficulté à respirer avec le matériau utilisé par Polaire+ (11,99 $ avant taxes), mais je m’améliore de port en port!

Cependant, dans un cas comme dans l’autre, les délais de livraison tendent à s’allonger de plus en plus à cause de l’explosion de la demande : au moment de publier ce texte, Polaire+ annonçait un délai de 4 semaines, alors que Rien ne se perd tout se crée parlait de 5 à 20 jours ouvrables. Ça peut donc valoir la peine de surveiller les groupes et pages FB ou Nextdoor ultra-locaux (les Spotted et autres de ce monde) pour voir si on n’a pas un.e voisin.e ou une connaissance qui en fait et qui peut nous en fournir rapidement : bien des gens ont dépoussiéré leurs machines à coudre!

Sinon, voici des liens vers quelques-uns des nombreux articles listant des endroits où se procurer un masque :

***LE MOT DE LA FIN***

Cette pandémie a des conséquences tragiques, non seulement directement mais indirectement. Elle révèle plusieurs lacunes de notre société, entre autres les conditions de vie de nos aînés en CHSLD, la sous-valorisation de plusieurs métiers de toute évidence essentiels (aide de services, préposées aux bénéficiaires, infirmières), et généralement occupés par des femmes et des personnes issues de l’immigration. Il faudra en tirer de bons enseignements pour mieux faire demain.

Le port du masque pourrait peut-être faire partie des apprentissages durables : souvent j’ai hésité à le porter quand j’avais une bronchite, parce que les gens réagissaient très mal. Combien de fois ai-je entendu une personne bien intentionnée me dire « ben voyons, enlève ça, moi j’pogne jamais rien, j’ai un bon système immunitaire… », inconsciente néanmoins du fait qu’elle pouvait devenir un vecteur de transmission vers d’autres personnes vulnérables ou immunodéprimées. Et combien de fois ai-je rêvé que mes collègues s’arrachant les poumons en portent un, pour m’épargner des nuits à suffoquer? J’espère vraiment que cette crise nous aura appris l’importance de contrôler la transmission communautaire, non pas pour son bénéfice personnel, mais pour protéger les plus vulnérables d’entre nous.

 

Encore quelques références!

Si vous vous êtes rendu jusqu’ici, vous méritez des références en prime 😉

A user guide to face masks – New York Times

Masques et des couvre‑visage non médicaux : Comment mettre, enlever et nettoyer

 

Catégories Argent et consommation, Santé

1 réflexion sur « Quels sont les meilleurs matériaux pour fabriquer un masque maison et comment les entretenir de façon sécuritaire? »

  1. Merci chère Véronik ! 😊

    ■ Jean-Robert Primeau ■

    Saint-Lambert,

    Agglomération de Longueuil

    Québec

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