D’un blogue aux planches – El rumor del incendio

El rumor del incendio, que j’ai vu ce soir, est la première pièce de théâtre précédée d’un blogue que j’ai la chance de voir**. Comme les billets sont en espagnol, on me pardonnera de ne pas l’avoir fouillé de fond en comble, mais la démarche me plaît beaucoup. Après avoir recueilli une énorme quantité de renseignements historiques, les créateurs les ont publiés en ligne pour que le public se les approprie. Ce n’est qu’en second lieu qu’ils ont créé cette pièce de théâtre documentaire. Et quelle pièce touffue, exigeante, essentielle! Une orgie de dates, de noms, de villes, de factions, de kidnapping et de rançons, de morts, racontée en espagnol, répétée par les projections documentaires et les surtitres : du théâtre documentaire solide, livré par des acteurs vraiment magnifiques, transformant de petites maquettes et autres objets miniatures en scènes et mondes. Je ne prétendrai pas avoir tout compris, je voudrais revoir la pièce au moins deux fois avant de m’aventurer à vous en raconter des bouts.

Cependant, j’ai retenu la question finale, incendiaire:
« Si un jour nous décidons aussi d’avoir des enfants, que pourrons-nous leur répondre quand ils nous demanderont à quoi nous avons consacré notre jeunesse? »
J’ai un peu honte, d’avance. Au fond, c’est probablement une bonne chose que les probabilités que j’aie un enfant soient de moins en moins grandes…

Heureusement, si j’en crois Gabino Rodriguez, je pourrai au moins dire aux descendants de mes proches que j’ai oeuvré un peu à transformer le monde, en faisant — tant bien que mal — du théâtre. Je vous laisse sur les mots qu’on lui attribue dans le programme, et qui me donnent un peu la foi :
« Faire la révolution n’est pas comme peindre, écrire un livre ou jouer dans une pièce, il s’agit d’une chose plus sérieuse, mais nous croyons — et nous savons que cette idée paraît extrêmement romantique, qu’elle n’est pas du tout dans l’air du temps — que le théâtre peut transformer les gens. Pas la société, mais les individus qui la composent. Le théâtre peut changer notre manière de voir la vie. ».  – Gabino Rodriguez

*p.s. : ceci est un micro-billet #FTA2011…

**Première fois que je vois une pièce associée à un blogue, mais je flirte avec cette idée depuis un bout. Je crois que l’avenir du théâtre passe par la destruction, même éphémère, des quatre murs. Je rêve de contribuer à le décloisonner. L’an dernier, quand j’ai monté Les quatre petites filles, de Pablo Picasso au M.A.I. dans le cadre du Fringe, j’ai blogué pendant le processus de création justement pour faire de petites brèches dans les quatre murs entourant la production. Je voulais qu’on puisse accéder aux étapes de transformation de ce difficile matériau. Je n’étais pas certaine qu’on me lirait. Finalement, certaines personnes m’ont écrit pour me dire qu’elles se sentaient privilégiées, d’autres mieux préparées.

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