Et puis après?

Je me suis réfugiée dans la forêt, loin du monde. Vrai, j’ai quand même accès à internet, mais à 56k, c’est presque comme si ça n’existait pas…et puis pour capter ou envoyer des messages avec le Blackberry, selon qu’il y a ou non des nuages, il me faut gravir la montagne! Vrai également qu’au bout de 36h, je suis retournée en ville, mais seulement pour la journée et pour régler des trucs urgents.

Le soleil se couche. J’ai bourré le poêle à combustion lente pour couper l’humidité dans la maison.  Y’a si peu de sons ici.  Quelques piaillements, quelques crépitements. La bâtisse qui craque. Le frigo. Mes doigts qui enfoncent les touches du clavier. De temps en temps, mon chien Rimbaud qui jappe contre des dangers imaginaires.

Coucher de soleil de juin

J’ai mis de côté les Lettres chinoises de Ying Chen pour quelques heures, faut prendre soin de soi. J’ai essayé de meubler le silence et d’enterrer les pensées circulaires avec de la musique. Mauvaise idée! Léo Ferré qui rivalise avec Leonard Cohen, auquel succède la lettre amère de Natalie Merchant, poursuivie par les pleurs de Tori, les confidences de Rufus, les fruits de Nina Simone. Quand Arcade Fire et MGMT se sont proposés, l’un à la suite de l’autre, j’ai abandonné la partie.

J’ai opté pour le visionnement de Thunderball, un vieux James Bond avec Sean Connery et la superbe Claudine Auger.  J’adore les anciens James Bond, avec les scènes sexistes, les séquences en voiture irréelles, les faux-cils, les robes à décolleté magnifiques, l’architecture futuriste, les salles de conférence immenses avec quelques chaises droites, les technologies patentées par Q, les méchants vraiment cruels et les scènes impossibles. Je ne dédaigne pas les nouveaux James Bond, le personnage de M est bien meilleur avec  Judi Dench, mais vive le tapis shag orange et le mini-short blanc!  Dans Thunderball, la dernière bataille sous l’eau est interminable (avec une musique stridente qui accélère de plus en plus et des plans qui repassent!), la poursuite sur l’eau invraisemblable (j’arrive même pas à décrire le tout!) et l’envolée finale de James et Domino tellement fausse.  Ça m’a fait sourire, même rire quelques fois.

Mais ça n’a pas chassé mon envie de faire comme Rimbaud et de hurler. C’est en partie le blues post-prod : quand un projet se termine, je broie du noir. Et le post-Fringe est toujours l’un des moments les plus difficiles, parce qu’il tombe en même temps que mon anniversaire (je déteste vieillir, il n’y a pas de mots pour exprimer mon malaise face à mon avancée en âge). Cette année, ajoutez à ça une foule d’autres soucis, des deuils et des déceptions. Ça donne bibi, grise depuis un an, amarante depuis trois mois, ébène depuis quelques semaines.

p.s. : ne vous sauvez pas lecteurs adorés, je ne déprimerai pas quotidiennement devant vous, je ferai preuve d’une saine retenue, promis… On va reparler théâtre, culture. Oh et y’aura les bilans de la production de Les quatre petites filles, avec des chiffres et tout.  Promis promis.

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Un commentaire sur “Et puis après?

  1. Bonsoir Véro ! Je te souhaite de bons moments avec toi-même ! Tu ne dois pas t’ennuyer car tu es tellement pleine de ressources !
    Bon week-end !
    Bisous ! xxx
    J.R. :)

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