Une bonne grosse colère “…And counting (letter three)” écrite et livrée par Tony Nardi

J’ai eu la chance de voir ce soir l’excellente production “… And counting (letter three)” écrite et livrée par Tony Nardi ainsi que l’échange avec le créateur, animé par Robert Lalonde.  J’en aurais long à dire, mais à une semaine de la première de ma propre production au M.A.I., l’énergie se fait rare.  Quelques réflexions me hantent cependant, alors je les couche ici en vrac avant d’en faire autant de ma personne (me coucher en vrac, ça promet!).

D’abord, Nardi nous confronte non pas à notre insignifiance individuelle, mais plutôt au fait que notre désir de faire consensus, de plaire, nous rend insignifiant.  Cependant, même si pendant l’échange qui a suivi la pièce il y a eu des prises de paroles à l’effet que cela était le résultat de notre frilosité au conflit dans la vie de tous les jours, moi ce que j’ai entendu du créateur, c’était plutôt une critique de notre incapacité de débattre, de remettre en question, de confronter, dans la Cité, sur les arènes publiques, sur scène.  Je ne l’ai pas entendu réclamer la confrontation dans le rapport entre individus, mais plutôt la confrontation des idées (artistiques, d’abord, mais comme il l’a bien expliqué, c’est tout à fait universel et la réflexion s’étend à d’autres sphères).

L’autre chose que j’ai retenue, c’est qu’il est vraiment temps que je me mette en colère.  Désolée Aristote, mais la catharcis, qui aurait dû me permettre de me libérer de mes passions en regardant le héros se livrer aux siennes, niet, ça pas fonctionné pantoute. Le Tony de Nardi était vraiment en colère et désespéré et pendant de longs moments de sa performance – hautement cardiovasculaire – je me suis dit, ben oui, c’est ça la solution. À défaut de trouver des explications à tout ce qui m’échappe depuis des mois, puisque les solutions me font défaut, il me faut piquer une sacrée colère, en faire un monologue fleuve enflammé (désolée, la référence à BP est involontaire) et le jouer pour moi-même (Nardi nous rappelant que le meilleur théâtre se fait quand personne ne nous voit… ouin.).

Enfin, quand je vois le personnage de Tony Nardi réclamer que le théâtre nous provoque, qu’il nous donne envie de faire l’amour au premier étranger qu’on croise dans la rue, ben moi ça me parle.

Merci Nardi de nous dire nos quatre vérités.  J’aurai probablement pas le guts d’en faire autant. Je piquerai probablement pas une vraie bonne grosse colère et si je le fais, je doute que ça se transforme en une performance aussi percutante. Et je n’ai agressé aucun étranger à la sortie du théâtre, Hochelaga peut dormir tranquille.  Mais je suis encore un peu plus enflammée.  Et demain en salle de répétition, j’arriverai encore plus chargée. Pâle mimesis (et Aristote qui rapplique!), mais on fait c’qu’on peut avec c’qu’on a. Et je vous remercie de m’avoir injectée un peu plus de feu et de fiel dans les veines.

Publicités

2 commentaires sur “Une bonne grosse colère “…And counting (letter three)” écrite et livrée par Tony Nardi

  1. Promets-moi juste une chose, Véronick: Si tu veux jeter ta colère, jette-le sur quelqu’un d’autre ou sur un mannequin! Pour être très honnête, je ne veux pas être la cible de tous tes colères refoulées!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s