Sur un premier contact avec la mise en scène

(En gris, petite intro de Véro qui peut pas s’empêcher de tout commenter…)
J’ai un ami, Olivier Gagnon, qui est doté d’un cerveau tout à fait unique. Et d’une curiosité sans bornes. C’est un trippeux d’histoire, d’économie, d’art et de mille autres choses.  Je lui ai demandé, dans le cadre de ma mise en scène de Les quatre petites filles, de Pablo Picasso, de regarder le texte, d’en jaser avec moi, de venir en salle voir le travail, de remettre en question mon point de vue féminin sur ce texte masculin, etc. Alors Olivier rôde… et voici l’une de ses premières réactions.  

(Et je vous avertis, j’ai tout laissé, incluant les surnoms ridicules : on passe trop de temps sur internet à croiser des gens avec des identifiants absolument improbables, faque on se dit qu’on doit partager le plaisir avec vous, question d’alléger l’atmosphère!).

SUR UN PREMIER CONTACT AVEC LA MISE EN SCÈNE ET PLUS PRÉCISÉMENT AVEC CELLE DES QUATRE PETITES FILLES DE PABLO DIEGO JOSÉ FRANCISCO DE PAULA JUAN NEPOMUCENO MARÍA DE LOS REMEDIOS CIPRIANO DE LA SANTÍSIMA TRINIDAD MÁRTIR PATRICIO RUIZ Y PICASSO PAR (la mise en scène) VÉRONICK RAYMOND aka SexyVanillaConCoconuts22.
Texte de Olivier Gagnon aka SweetyBuns92

Comme chacun, j’ai maintes et maintes fois tenté au cours de ma vie de résoudre l’épineuse question de l’insertion du caramel dans la… dans la tablette chocolatée pleine de caramel. 

Mais étrangement, cette soif de compréhension, si prompte à se manifester avec les doigts tout collants et la glycémie au plafond, s’est toujours montrée chétive devant l’art théâtral.  Comme pour bien des choses, cette constatation n’émergea en moi qu’une fois devant les faits, alors que je fus invité par la metteure en scène de talent Véronick Raymond (aka SexyLoli24U14Me) à contempler, en action, le travail menant à la présentation d’une pièce de théâtre.

 

Tout à fait fascinant! C’est une chose de voir des comédiens crier et fondre en larmes sur scène, mais c’en est toute une autre que de contempler quelqu’un qui le fait sur demande, trois ou quatre fois d’affilée, à quelques pieds devant nous, sans costumes ni décors.  Bref, si j’avais déjà du respect pour le métier, il était insignifiant et mal placé comparé à celui que je ressens aujourd’hui pour ces personnes! Wawawiiiwaaaa!!! Juste d’y penser j’en ai encore la chaire de poule. 

En fait, plus que fascinant, c’en est bouleversant et je peux dire sans problème que c’est le genre de choses auxquelles je ne m’essaierais pas.  On me dit que le talent s’acquiert, et j’en suis persuadé, mais je leur laisse…  j’essaierais de jongler avec des tronçonneuses en flammes bien avant…  et je ne sais pas jongler.

 

Mais le plus beau dans tout ça, c’est que ce n’est là qu’une partie d’un tout bien plus grand, formé par des personnages, situations et émotions qui sont continuellement créés, effacés et transformés par la metteure en scène, la vision d’ensemble.  De loin j’aurais pu être tenté de comparer Véronick à une marionnettiste, tirant sur des fils invisibles, essayant différents mouvements et expressions à tour de rôle, mais les comédiens ne sont définitivement pas des pantins.  Ils tirent leurs propres fils, comme eux seuls peuvent le faire, et le directeur le plus borné devra, à un moment ou à un autre, soit s’y plier, soit se convaincre que depuis le début c’était son idée, ou se faire interner.

En fait, c’est un peu comme de commander un tableau, on peut donner tous les détails que l’on veut, mais sur mille artistes, on ne recevra pas deux toiles identiques.  De ce que j’en vois, le metteur en scène n’est pas le peintre. C’est sa vision qui rassemble l’équipe dans la création d’une fresque cohérente, qui se transforme, évolue et se précise dans un pétrissage assidu durant lequel jeux et visions s’amalgameront pour donner finalement ce tout qu’est la pièce, laquelle évoluera et maturera à son tour, au fil des représentations.

 

Certains remarqueront que je n’ai pas encore abordé le texte lui-même.  C’est que mon expérience limitée ne me permet pas de tirer de conclusions sur son importance dans le processus de création. Je m’explique : de ce que j’en perçois, le texte est un squelette, une matrice immuable et loin d’être l’imprimé d’une peinture à numéro, c’est un code de lois que l’on ne transgresse pas, mais que l’on analyse et interprète de façon à construire autour ce qui deviendra l’œuvre présentée; toutefois n’ayant contemplé qu’une partie du travail derrière la mise en place d’une seule pièce, je ne me risquerai pas à en déduire qu’il s’agit là d’une constante s’appliquant à chaque production.

 

La dernière de mes grandes « révélations » dont je toucherai brièvement ici porte sur quelque chose de si sournois et insidieux que j’ai presque honte de ne pas m’en être aperçu plus tôt, soit les limites de la scène (j’insiste sur presque honte … moi et les scrupules on s’est quitté il y a bien longtemps).  Je ne parle pas ici de ce que tous et chacun remarquent du premier coup d’œil, c’est-à-dire les éléments de décors ou autres accessoires que l’on ne trouvera qu’au cinéma (50 000 figurants, gratte-ciel, océan en furie, etc.) mais des capacités physiques des comédiens ou des contraintes de temps exigeant parfois quelques sacrifices.  Demandez à quelqu’un tant que vous le voudrez de convulser sur le plancher en récitant un monologue de cinq minutes sans tremblements dans la voix, ça n’arrivera pas; puis vous pourriez bien vouloir mettre une pause entre chacun des mots d’un personnage, si la pièce en est allongée d’une demi-heure, ça ne passe pas.  Ce sont autant de petites choses qui finalement me donnent un tout autre regard et une admiration certaine pour cet art que je n’avais toujours apprécié que de l’avant du rideau.  Bravo! Mille fois bravo!!! (pis oui, je vais continuer à rôder…)

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2 commentaires sur “Sur un premier contact avec la mise en scène

  1. Merci Professeur G.

    Ça y est!

    Tu me fais comprendre pas mal de choses et en plus, t’es capable en parler…
    Je me contenterai de co-rôder et essayer de montrer ça en images…

    J’apprend donc je vis.

    Camera Obscura G.

  2. Ah !!!! Enfin Professeur, je te comprends ! En 140 caractères tu me confonds toujours. Ici, où tu as place à étendre tes mots comme sur une planche à dessin, tu atteins des sommets fulgurants.
    Si j’étais une des comédiennes, je te confierais mes émotions les plus intimes !
    Sincèrement, ton texte est d’une grande beauté et n’est (peut-être) dépassé que par la magie du théâtre.
    Beaucoup a été écrit sur cet art si enraciné. J’ai comme l’impression que tu renouvelles le genre. Me trompé-je Véro ?
    Bref je vais continuer à suivre tes écrits para, péri et méta théâtraux.
    Salut O !

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